Gabriel Tari
Nous ne sommes pas là depuis mille ans. Nous sommes des émigrants, du sud de l'Espagne, du nord de l'Afrique, du nord de l'Europe. Qu'importe !
Nous ne cultivons pas la vigne depuis les Romains. Nous sommes des agriculteurs, peut-être paysans, mais paysans d'aujourd'hui et depuis longtemps.
Nous n'avons pas un terroir exceptionnel. Une bonne terre à vigne dont on a remué chaque centimètre, revivifié par nos pratiques biologiques depuis plus de vingt ans. Et un domaine reconstitué tel qu'il était dans les siècles passés, avec sa logique et ses frontières : la rivière au sud, la garrigue au nord.
Pas de ruines prestigieuses. Mais de solides bâtiments qui ont eu plusieurs vies et des gens qui travaillent dur chaque jour.
Aux prétendus « usages loyaux et constants », qui nous étouffent, nous préférons la tradition qui nous nourrit, dans la quête, semée de doutes, du travail bien fait.
La vigne ne doit pas souffrir pour donner le meilleur d'elle-même. Comme nous, elle a besoin d'une alimentation saine, de peu de stress et de soins attentifs.
Toutes les années ne sont pas exceptionnelles. Il y a la météo. Et l'herbe dont nous ne viendrons jamais à bout. Et les petites bêtes et les grosses bêtes, qui réclament leur part.
L'agriculture biologique ce n'est pas rien faire et regarder pousser l'herbe. C'est aussi regarder pousser l'herbe. Et observer et essayer de comprendre. Et agir en préventif avec du bon sens et quelques produits simples, soufre, cuivre, préparâts à base de plantes, insecticide végétal. Sur un sol vivant, nourri au compost.
L’œnologie moderne ne peut pas tout. Alors un raisin sain et mûr, de bons cépages, une cave moderne, propre et beaucoup d’attention, des fûts et un peu de soufre pour protéger le vin. C’est bien assez.

Nos Vins Rosés, un Vin de Pays de l'Aude et un AOC Cabardès, sont des rosés de saignée, fermentés à température
maîtrisée.
